Cadre de gouvernance pour trancher les revendications concurrentes d’AGI

Le 10 juin, un article arXiv a proposé DAF-AGI, un cadre de design pour arbitrer les revendications sur l’AGI. Le papier part d’un constat simple: des affirmations opposées sur l’arrivée de l’AGI s’appuient parfois sur des preuves semblables. Les auteurs soutiennent que le terme AGI manque d’un référent partagé et stable. Leur cadre combine cinq critères pour juger la qualité d’une définition et un audit de gouvernance portant sur l’auteur, les intérêts, la certification, la vérification externe et l’autorité de révision. Ils l’appliquent à plusieurs familles de mesures et à un cas stylisé où des systèmes actuels seraient dits AGI parce qu’ils dépassent un adulte éduqué sur de nombreuses tâches cognitives.

Ce texte compte pour le récit AGI parce qu’il vise le niveau méta du débat. Il ne demande pas seulement quels systèmes sont capables de quoi. Il demande qui fixe la définition, qui la valide, et comment elle peut être contestée. Dans un contexte où laboratoires, médias et gouvernements utilisent des seuils différents, cette question devient de plus en plus pratique. Le papier introduit aussi l’idée de souveraineté définitionnelle, c’est-à-dire la capacité institutionnelle à contester des catégories importées.

Pour la trajectoire AGI, le signal n’est pas un progrès technique mais un besoin de clarification du terrain. Plus les capacités montent, plus les désaccords sur les critères d’arrivée peuvent devenir politiquement chargés. Reste alors une question difficile: une définition opérationnelle de l’AGI peut-elle être à la fois techniquement utile, publiquement légitime et révisable ?